Seddouk : Les notables veulent un château d’eau

Les habitants du village Seddouk Ouadda sont habitués, depuis la nuit des temps, à mettre la main à la poche pour financer tout ce qui pourrait contribuer à améliorer les conditions de vie des citoyens et ce quand les pouvoirs publics font la sourde oreille aux projets demandés.

Ces citoyens se sont organisés dernièrement pour la distribution équitable de l’eau par quartier. Lors de l’assemblée générale des villageois, les notables ont décidé de recruter un agent qui s’occupera de la distribution de l’eau, laissant le soin à l’agent communal de l’ouverture ou la fermeture de la vanne principale du château d’eau. L’agent recruté perçoit un salaire mensuel de 10 000 DA durant les trois mois d’été. Pour cela une contribution de 100 DA par compteur est exigée de chaque habitant. Si l’on s’en tient à cela, les habitants avec les efforts de la communauté émigrée, ont réalisé des projets grandioses. Le plus récent est la mise en valeur de la source millénaire et nourricière d’Ighzer Netesrougoa dont personne ne peut parler de l’origine. Plus de cinq millions de dinars ont été dépensés en réalisant un grand puits avec une loge pour les équipements électriques et une conduite en tuyaux galvanisés sur plus d’un kilomètre. L’ironie du sort, c’est que pour parachever ce projet, qui a exténué physiquement et financièrement les villageois, ils ont sollicité les autorités locales pour un projet consistant en la construction d’un château d’eau pour séparer cette eau, jugée un peu fade, de celle d’El-Manfouk utilisée uniquement pour la consommation, un projet qui leur a été accordé en 2006 puis retiré sans que personne parmi les notables ne soit avisé de cette annulation. Et pourtant ce projet est plus qu’indispensable quand on connaît les tracasseries dues au manque d’eau qui reviennent chaque été dans ce village. Les notables n’ont pas baissé les bras en faisant de ce projet, qui leur tient à cœur, leur principale préoccupation. Et pour cela, dès l’installation de l’APC actuelle, ils ont remis au goût du jour cette revendication en demandant dans l’immédiat et en attendant la construction d’un nouveau réservoir, l’affectation provisoire d’un château d’eau appartenant à un village voisin lequel ne l’a jamais utilisé. Seulement ce château d’eau est dans un état piteux, dégradé par les aléas du temps et nécessitant donc des rénovations. L’espoir renaît et une lueur d’espoir semble se profiler à l’horizon vu que le président de l’APC de Seddouk semble prendre sérieusement l’affaire en mains. “Il y a un château affecté au village d’Ighil n’Djiber qui n’a jamais été mis en service et dont l’état se dégrade au fil des ans. Les notables de Seddouk Ouadda m’ont sollicité pour sa éventuelle réaffectation au profit de leur village. Pour cela, j’ai instruit les services concernées pour son établissement d’une fiche technique concernant les réparations nécessaires. Projet que j’inscrirai dans les PCD 2009”, dira le président d’APC à ce sujet. En attendant et à défaut de château d’eau, les notables utilisent un fût de 200 litres en métal avec tous les risques que cela comporte. L’inconvénient : le manque de pression et le débit infime dans les conduites principales font que l’eau n’arrive que rarement aux quartiers situés en amont.

L. B. (La Dépêeche de Kabylie)