Akbou : Le plan de circulation en souffrance

La dotation de la ville d’Akbou, deuxième plus grande agglomération de la wilaya de Béjaïa d’un plan de circulation automobile tarde à voir le jour, bien que l’APC ait engagé depuis déjà 2006 le bureau d’études privé ONCTTP (Organisme national de contrôle technique des travaux publics), situé à Alger, pour l’établissement dudit plan.

La mise en œuvre de ce plan est une urgence car le parc automobile grandit à vue d’œil et les ruelles se multiplient incessamment à la faveur d’une urbanisation galopante anarchique. Ce bureau a soumis une première proposition à l’APC en date du 5 mars de cette année, lors d’une réunion tenue dans la salle des délibérations de la commune et à laquelle ont pris part les différents services de l’APC, la DTW (Direction technique de la wilaya), la Sûreté de daïra, la Protection civile, la Gendarmerie nationale, le syndicat des auto-écoles et le syndicat des chauffeurs de taxis. Le plan présenté n’a pas eu l’aval des présents qui ont émis des réserves d’ordre technique. Ce plan est, selon un technicien du service de l’équipement de l’APC : “Un outil moderne d’amélioration du quotidien des citoyens sur tous les plans en assurant aux piétons des passages sécurisés et aux automobilistes une meilleure fluidité de la circulation. Il comprend la mise en place d’une signalisation routière, de panneaux de réglementation de la circulation et l’aménagement d’aires de stationnement mais aussi et surtout la réalisation de pénétrantes et de sortantes nouvelles. De telles réalisations auront pour effet immédiat une réduction indéniable des émissions du dioxyde de carbone et des bruits sonores, le gain du temps et une meilleure sécurité aussi bien pour les citoyens que pour les conducteurs.” En attendant de voir ce projet se concrétiser, comme tant d’autres, les citoyens subissent les affres d’une situation caractérisée par une anarchie totale car en l’absence de panneaux de signalisation, arrachés et détruits pour la plupart d’entre eux depuis bientôt 7 ans lors des évènements du Printemps noir, s’ajoute le non-respect des règles de conduite par les automobilistes. Alors que sous d’autres cieux de grands boulevards sont de plus en plus interdits à la circulation automobile et sont réservés aux piétons et à la création d’espaces verts en milieu urbain, des chauffeurs sans scrupule se permettent de garer leurs voitures sur les trottoirs et obligent les citoyens à emprunter la chaussée et s’exposer de la sorte à de multiples dangers. Par ailleurs, le manque de panneaux d’indication même des établissements publics tels l’hôpital, la Protection civile, les commissariats de police ou la gendarmerie doit pouvoir rejoindre facilement en cas de nécessité, contraint les nombreux visiteurs qui se rendent dans cette ville et solliciter les passants pour les leur indiquer. Un citoyen, que nous avons approché à ce sujet, nous a confié “certes ce plan ne manquera pas d’améliorer le quotidien des citoyens, une fois qu’il sera mis en œuvre mais cela ne peut en aucun cas constituer un empêchement, un prétexte pour ne pas effectuer des gestes faciles et non coûteux tels que la réhabilitation de l’ancienne signalisation et la création de nouveaux panneaux à même d’assurer, un tant soit peu, la sécurité aux citoyens et une meilleure fluidité de la circulation. En tous cas cette solution est de loin moins onéreuse que la pose quasi journalière de dos-d’âne par les services de l’APC aux quatre coins de la commune”.

B. Sadi (La Dépêche de Kabylie)