Illizi…Archaïsmes, fantasmes et géopolitique (Mohamed Bessa)
Son dessein ? Chaperonner les peuplades touaregues et en faire un puissant outil de déstabilisation et de leadership. Derniers avatar en date, Ibrahim-Ag-Bahanga, radical chef rebelle qui s’était retiré en Lybie, vient de dynamiter les accords d’Alger (juillet 2006)) en « désensablant » la hache de guerre contre le gouvernement malien que seule le soutien d’Alger, qui craint une contagion chaotique, retient d’accorder l’autonomie à ses Touaregs.
Kadhafi a pour lui la géographie. Les champs pétrolifères de Hassi-Messaoud ou d’In-Amenas sont à portée d’un raid meurtrier. Et contre lui, l’histoire. Les Amenokals, chefs spirituels des Touaregs, vivent, pour la plupart, en Algérie où ils sont portés à bout de bras par les ressources de la raison d’Etat. L’évocation de cet entrelacs d’enjeux, qui mettent souvent mal à l’aise nos interlocuteurs, installe une certaine défiance sinon cette glauque atmosphère de phantasmes et de paranoïa qui exhale les coups tordus des services secrets.
Le Sahel et plus globalement le Sahara est le siège d’une intense compétition géostratégique. Ses richesses minérales, le potentiel d’irrédentisme de ses populations, son immensité en font un grave terrain de manœuvres où s’expriment les intérêts les plus inattendus.
Dans cette ville d’Illizi de quelque 17 000 habitants, plus vaste que beaucoup de pays
(284 618 km2 !), on est distant de 1 050 km de Ouargla (qui n’est déjà pas l’ » Algérie »). Mais on n’est qu’à quelques dizaines de kilomètres de Lybie, du Niger et du Mali ! Un feutré jeu de séduction visant la fixation des multinationaux touaregs est engagé avec la Jamahiriya. Ghadamès, l’alter-égo transfrontalier d’Illizi, se veut le miroir aux alouettes du paradis libyen. La qualité du bâti et les soins seraient bien meilleurs qu’à Illizi mais ici l’infrastructure de base serait plus importante. Le jeu tient de la compétition américano-soviétique de Berlin. Et c’est, à tout prendre, tout bénef pour les Touaregs qui, peut-être, « jouent à qui perd gagne », selon la formule de Sartre. Pour ces oubliés du monde, c’est en effet la martingale. L’Etat central déverse des milliards pour améliorer le vécu quotidien des populations même si cela revient souvent à remplir des tonneaux des Danaïdes. Classée parmi les trois communes les plus riches du pays, grâce au programme spécial Sud et à la fiscalité pétrolière, Bordj-Omar-Driss, fait peine à voir. Un décor sommaire où Sergio Leone aurait été bien inspiré de tourner un de ses western-spaghetti !
Salut,
Je vous félicite pour l’article que je viens de lire. C’est votre nom qui a attiré mon attention, je m’appelle également Mohamed Bessa, mes parents sont de Béni Ksila. Mai j’ai des cousins qui sont dans les environs de Sidi Aich, Thaourirth Amrouche (Hamam Sillal). Est-ce que vous êtes de cette Famille, mais leur nom s’écrie Bessâa. Merci de vous lire.