Censure : mode d’emploi

La ministre de la culture assume le fait de censurer le livre « Journal d’un homme libre » de Mohamed Benchicou, ancien directeur du matin après la lecture de son manuscrit.

Les raisons invoquées par la ministre sont : les droits et libertés prévues par la constitution qui « garantie la protection de l’honneur des citoyens » et les articles du code pénal qui condamnent les atteintes aux valeurs de la révolution, à l’honneur du chef de l’État et celui des fonctionnaires des corps constitués.

Je me souviens vaguement des émissions de télévision sur des chaines françaises auxquelles notre ministre a participé avant qu’elle ne devienne ministre et de ses discours sur les libertés d’expression bafouées dans notre pays, que de changement depuis…

Que s’est donc passé pour que cette femme qui a milité dans des mouvements dits démocratiques et kabyles aux côtés de Matoub Lounès, (je l’ai vu de mes yeux), Ferhat Mehenni, et tant d’autres se transforme en quelques années en main armée du gouvernement pour faire table rase de son passé de militante et se permettre d’interdire un livre que je n’ai pas lu je précise, nous avons probablement besoin de l’avis d’un psychanalyste, le cas est très grave docteur !!!

J’allais oublier, dans sa bonté la ministre précise avoir évité à Mohamed Benchicou d’aller en prison, elle aurait du préciser « retourner en prison » en effet selon elle, dans cet ouvrage, des personnes sont accusées sans preuve (quelle honte), des moudjahidine de la Révolution sont assimilés à leurs tortionnaires coloniaux (mon dieu c’est une horreur) et l’auteur y tiendrait… des propos antisémites (catastrophe) ; “Comme vous le savez, pour ce genre de délits, la loi algérienne prévoit des peines allant jusqu’à deux ans de prison. Et la loi est au-dessus de tous”.

La ministre n’est pas prête d’être au chômage, en effet elle pourrait passer le reste de ses jours pour corriger les discours des hommes politiques algériens et du monde arabe en général pour relever tout ce qui a trait à l’antisémitisme, cela afin de leur éviter d’aller en prison, boutef en prison pour propos antisémite, ça fait désordre.