Histoire d’Akbou

Akbou est une création française, datant de 1874. Le point le plus remarquable est la présence d’un mausolée d’époque romaine, attribué à la famille berbère romanisée de Firmus. Il se signale au milieu de la vallée de la Soummam.

C’est au tour du chérif Bou Baghla d’organiser le soulèvement de la Kabylie contre la conquête française. En 1851, il l’inaugure par un coup d’éclat : l’attaque contre l’azib que possède Sî ibn ‘Alî Sharîf, marabout de Chelatta, au bas de la vallée. Les Français décident peu après la construction d’un bordj, maison forte et maison de commandement pour protéger le marabout et, à travers lui, asseoir leur autorité sur le pays. Sî ibn ‘Alî Sharîf a alors le commandement, en grande partie nominal, sur les Illoulen us-Sameur, les At ‘Îdal et les Ouzellaguen. Le marabout obtiendra plus tard le titre de bash-agha de la part des Français, qui sied mieux à son amour-propre.

Akbou, à la confluence topographique et stratégique de la Soummam et de son affluent le Bousselam, fait partie du deuxième épicentre de l’insurrection de 1871. Celle-ci commencée dans la Medjana, sous la direction du bash-agha Muqrânî, trouve un puissant relais à Seddouk, sous l’autorité de Shaykh al-Haddad, alors le personnage le plus en vue de la tarîqa Rahmânîyah en Algérie. En effet, Seddouk fait alors partie du commandement de Sî ibn ‘Alî Sharîf, dont le rôle dans le déclenchement de l’insurrection reste controversé et jamais mis au clair avec netteté. En tout cas, avec les premières opérations, il se réfugie dans son bordj.

Se comportant comme une véritable armée de Versaillais en Algérie, les troupes françaises mènent une répression impitoyable. Les terres les plus fertiles de la vallée de la Soummam sont séquestrées et vouées à la colonisation. C’est ainsi que s’élève bientôt un centre de colonisation qui prend le nom de Metz, pour accueillir des colons, dont certains viennent d’Alsace-Lorraine. Il s’agit de recréer en terre algérienne, ici en Kabylie, entendue au sens large, l’Alsace-Lorraine perdue au profit des Allemands. Pour asphyxier le deuxième foyer de l’insurrection, les Français détruisent de facto le bash-aghalîk de Chellata et établissent en lieu et place une commune mixte, regroupant les centres de colonisation nouvellement créés et les communes indigènes, formées sur la base des douars kabyles définis et créés ex-nihilo par le Sénatus-Consulte de Napoléon III.

Akbou est alors érigé en chef-lieu de la commune-mixte, qui prend son nom. C’est de là que date l’essor d’Akbou, qui jusqu’alors n’avait aucune importance réelle, ni démographique, ni politique. Akbou dirige désormais la Haute-Soummam. Les Français privilégient la plaine fluviale pour y attirer les populations et contrôler les montagnes environnantes.

Wilaya Bejaia
Daira Akbou
Code Postal 06200
Longitude 4°31′60″ E
Latitude 36°27′40″ N
Superficie 52,18 km2
Population 79 300 hab.
Densité 1519,7 hab./km2

LE MAUSOLEE DU PITON D’AKBOU

UNE ENIGME ARCHEOLOGIQUE
Au nord ouest du majestueux piton d’Akbou en prenant un chemin sinueux à travers rochers et broussaille, on arrive au somptueux monument funéraire. Visible de loin car il occupe une position privilégiée, ce mausolée a fait rêver et inspirer plusieurs historiens et archéologues.
C’est un édifice à un seul étage qui repose sur une base à gradins : des assises soigneusement alignées, que complète une architrave. Le tout forme un début de pyramide. Vient ensuite une frise d’un carré régulier et d’une belle architecture. Elle est coiffée d’une corniche sculptée avec une extrême finesse. Enfin, un toit pyramidal termine la construction. De l’intérieur, il a la forme d’une voûte en berceau. L’extérieur de ce mausolée se distingue par la fausse porte(1)qui se trouve sur chaque côté. Ces portes  » imaginaires  » sont ornées de motifs décoratifs et de plusieurs signes. La face nord du monument présente une ouverture par laquelle on accède à l’intérieur. Selon certaines lectures, elle pourrait être pratiquée par des voleurs dans l’espoir de découvrir un trésor enfoui dans ce tombeau, au-dessus de cette porte (l’encastrement profond en témoigne). Ce qui fait supposer que c’était le principal côté.

DES INSCRIPTIONS MILLENAIRES
Que sont devenues ces inscriptions ? Véhiculaient-elles réellement des indices pouvant nous fixer sur l’origine du monument ou seraient-elles simplement un rajout d’une civilisation, autre que celle ayant bâti cet édifice, dont le but était de marquer sa présence ?Dans son récit, le baron H. Aucapitaineraconte que c’était une plaque en marbre blanc qui servait de cible aux jeux des bergers et qu’à force de jets de pierres, elle a fini par se briser et les débris se sont éparpillés sur le sol. Il disait aussi que toutes ses tentatives pour récupérer les fragments ont été vaines. Selon lui, cette perte, ô combien regrettable, a dû avoir lieu quelques années avant son séjour dans la région Aucapitaine était l’hôte du Bâcha Agha Ben Ali Chérifdans sa résidence Bordj de Tarza et c’était, disait-il, du Bâcha Agha qu’il tenait ces précisions. Celui-ci se rappelait l’avoir vue en place.

QUEL ETAIT LE BUT DE CETTE CONSTRUCTION ?
Certains affirment qu’elle serait presque deux fois millénaire. Sur l’origine de ce monument, les commentaires et les hypothèses vont bon train. Etait-ce pour un souverain, un militaire hautement gradé ayant expié au cours d’un combat ? La légende raconte qu’en cet endroit, où est construit le mausolée, une femme a accouché. L’origine de ce mausolée est légendaire. La population l’attribue aux Romains. Mais la grande analogie de forme qu’il présente avec les mausolées des rois numides SyphaxetMassinissaet avec le mausolée royal de Mauritanie plus connu sous le nom dutombeau de la Chrétienne (dans la province d’Alger) donne à supposer que cette construction serait antérieure à la conquête romaine.

LE PASSAGE DES CONQUERANTS
En outre, de la lecture de l’ouvrage Le Mausolée royal de Mauritanieédité par l’Agence nationale d’archéologie et de protection des sites et monuments historiques, il ressort que les monuments construits sur un plan carré avec un couronnement pyramidal et bâtis presque toujours sur des sommets de colline sont attribués à des princes berbères peut-être de religion chrétienne dont les principautés s’étendaient vers l’Ouest.Serait-ce l’œuvre d’une civilisation particulière ou un ensemble de styles, résultat du passage des différents conquérants ayant pris d’assaut la ville d’Akbou ? Mais quels qu’ils fussent, ils ont perlé leur ouvrage et ont réalisé un véritable exploit en réussissant un chef-d’œuvre.Une expertise du site lèvera sans doute le voile du mystère et pourra peut-être répondre à cette énigme : Quand et par qui cette œuvre de génie a-t-elle été construite ? Sur la sépulture de qui a-t-elle été érigée ? Des témoignages (oraux et écrits), des documents laissés par nos aïeux aideront dans les recherches.En attendant, cette merveille, qui a survécu à toutes les agressions et qui garde jalousement son secret, se détériore dans l’indifférence générale : des assises gisent au pied de l’édifice. Une partie du toit est détruite (tentatives lointaines de pénétration dans le tombeau), les colonnes supportant les chapiteaux ont disparu.De plus, il est menacé par les vibrations générées par le passage des trains et la carrière se trouvant sur le flanc du piton. En outre, la poussière se dégageant de cette carrière s’accumule sur l’édifice.Le mausolée d’Ausum (antique Akbou) ou Taqubbet n’ Weqbucomme il est appelé dans cette localité, est et restera la mémoire infaillible au vu des témoignages qu’il contient sur l’histoire de cette région en particulier et de l’Algérie en général.Il faut œuvrer pour qu’il soit inclus dans le listing des sites classés. Dans l’espoir que ce vestige historique devienne l’objet de recherches d’archéologues, historiens et étudiants du domaine, il faut parer au plus pressé pour le protéger en délimitant un périmètre de sécurité autour de lui et en menant une campagne de sensibilisation auprès de la population.

Taous Yettou.

Où va l’école algérienne ?

57% de réussite à l’examen du bac “Les chiffres disent toujours ce que souhaite l’homme habile qui sait en jouer”. (Le Baron Macaulay)

Les notes ayant rendu possible la performance de 56 % de réussite au baccalauréat, cuvée 2008, reflètent-elles un niveau d’enseignement des lycéens qui puisse les insérer sans difficulté dans l’enseignement universitaire ? Ensuite, la question se pose sur le plan de la logistique, de l’intendance et des infrastructures qu’il faut mobiliser pour prendre en charge les nouveaux arrivants sur les campus. La tâche n’est pas de tout repos même si la gageure réside dans l’avenir qui sera réservé à toute cette population universitaire. L’Etat, depuis 2005, n’a pas lésiné sur les moyens. Tous les programmes de développement mis en place depuis cette date (Programmes sectoriels ordinaires, PSCE, programmes Hauts-Plateaux et Sud) comportent un chapitre important afférent au secteur de l’Education. A l’horizon 2009, l’Etat a mis des moyens financiers colossaux pour l’Éducation nationale. En effet, les sommes allouées à ce département sont des plus conséquentes pour le quinquennal qui commence à partir de 2006 et qui s’appuie sur le deuxième Plan présidentiel conçu en 2005 et sur le Programme complémentaire des Hauts-Plateaux adopté par le gouvernement en février 2006. Cela paraît un peu paradoxal au vu du climat peu serein régnant dans ce secteur. En effet, depuis plus de trois ans, il ne se passe pas un semestre sans que les établissements scolaires et les élèves ne soient pris en otage par le climat délétère généré par les revendications socioprofessionnelles du personnel enseignant. Il y a quatre ans de cela, la situation avait atteint un tel degré de gravité que la perspective d’une année blanche se profilait à l’horizon.

Après un semblant d’accalmie, la contestation- certes avec une intensité moindre- continuait sur fond de controverses homériques sur la représentativité syndicale, la gestion des œuvres sociales et le dossier des salaires des travailleurs de l’Éducation. Le Conseil des lycées d’Alger (CLA) évoluera pour devenir une organisation d’envergure nationale, la Fédération des travailleurs de l’Éducation (FNTE) traîne sa réputation d’organisation proche du syndicat officiel et le SATEF continue son avancée autonome dans les wilayas où il est représenté. Aussi bien le corps enseignant que l’opinion publique et les médias, personne n’arrive à comprendre la raideur du ministère de tutelle qui campait sur sa position de ne vouloir dialoguer qu’avec les organisation syndicales agréées. Le principe étant que, face à une situation de blocage qui remet en cause ou compromet la scolarité des enfants, aucune ‘’arrogance’’ ou formalisme juridique ne peuvent servir d’argument, d’autant plus que, sur certains points, le ministère de tutelle pouvait se prévaloir- comme pour les départements de l’Enseignement supérieur et de la Santé qui vivent eux aussi une agitation sociale et des remous cycliques- des “conditionnalités” liées au statut de la Fonction publique. Ce dernier étant applicable à partir de l’année 2007, restent maintenant les textes d’application et l’élaboration des statuts particuliers des différentes catégories de travailleurs de la Fonction publique. Djamal Kharchi, directeur général de la Fonction publique, assurait, dans une déclaration au journal Sawt El Ahrar du 2 juillet dernier, que dix statuts particuliers sont déjà fin prêts et les augmentations salariales y afférentes seront incessamment débloquées. Au-delà des chiffres annoncés à chaque rentrée scolaire par le ministère de l’Éducation–chiffres relatifs au nombre d’enfants scolarisés, aux manuels scolaires et aux quelques “réformes” annuelles touchant le volet pédagogique-, la véritable “arithmétique” se trouve sans doute dans les projets inscrits pour ce département ministériel dans le cadre du Plan de soutien à la croissance. En effet, ce sont pas moins de 200 milliards de dinars qui seront consacrés à ce méga-secteur (Éducation et Formation professionnelle), soit environ 12,4% du montant du Plan. On compte des projets portant sur la construction de 5 000 établissements primaires, 1 100 collèges (CEM) et 500 lycées et la réalisation de 1 098 cantines et 500 infrastructures sportives scolaires. Depuis les fameux programmes spéciaux de wilayas initiés par Boumediène au cours des années 70, ce sont certainement les réalisations les plus importantes dont va bénéficier le secteur de l’Éducation et de la Formation depuis l’Indépendance. Cependant, devant ces statistiques assommantes, des citoyens (parents d’élèves, éléments de l’élite nationale) se poseront certainement la question de savoir où va l’école algérienne, quelles sont les bases de la formation des cadres et des citoyens responsables de demain, et comment l’école doit-elle s’insérer dans les exigences et les besoins de la nouvelle société qui aspire à plus de liberté, de prospérité et d’ouverture démocratique ? Si l’argent du pétrole permet à nos gouvernants d’élaborer des projets gigantesques misant sur le quantitatif, qui pourra garantir la qualité et l’efficacité de l’enseignement dispensé par nos établissements ?

Une critériologie à redéfinir

Une première erreur qu’il y a lieu d’éviter est sans aucun doute de fonder la critériologie de la réussite de l’école sur le taux de réussite au bac. Dans une ambiance de médiocrité et de dilution des valeurs pédagogiques et morales, l’examen du bac ne constitue nullement une référence, d’autant plus que le déroulement de cette épreuve est souvent émaillée d’incidents divers.

En juin 2006, une aporie dans la discipline mathématique a été détectée en retard et l’information a vite fait le tour du pays et a même dépassé les frontières de l’Algérie. Nul besoin de s’appesantir sur les dérives comme celles du règne du ministre Benmohamed- liées aux fuites des épreuves du bac et autres manœuvres frauduleuses qui décrédibilisent aux yeux du monde un examen autrefois noble et sacré. Sur le plan réglementaire et de la décision politique, on ne sait ce que sont devenues les recommandations de la Commission Benzaghou chargée en 2001 par le président Bouteflika de proposer des réformes radicales dans le secteur de l’enseignement et de l’éducation. En tout cas, en raisonnant a contrario, on peut imaginer la hardiesse et le caractère révolutionnaire des réformes proposées au vu des réactions de l’aile conservatrice qui ont accompagné le travail de cette Commission. Parmi les bribes d’informations auxquelles a eu droit la presse, l’enseignement bilingue des sciences et des mathématiques n’est pas des moindres. Depuis l’ordonnance d’avril 1976 instituant l’École fondamentale, les contingents de bacheliers qui ont eu accès à l’université se sont débattus dans des problèmes inextricables du fait que la plupart des matières scientifiques dispensées à l’université le sont en français. Même dans les disciplines réputées arabisées (Droit, sciences humaines, histoire, géographie), les référence fondamentales sont rédigées en français ou en anglais. N’étant pas assez formés dans ces langues, les étudiants se trouvent complètement désemparés devant une réalité que ne peut compenser aucun sens ‘’patriotique’’. Les dernières mesures qui relèvent justement d’un patriotisme promulgué par ‘’décret’’ ont trait à la levée quotidienne des couleurs nationales, devenue une obligation par instruction du ministre de tutelle. Les parents d’élèves et tous ceux qui tiennent à l’avenir des écoliers d’aujourd’hui seraient plus rassurés si ce rituel était accompagné des vraies changements afférents au contenu pédagogique, à la didactique et au cadre psychologique dans lequel se déroule cet enseignement.

Eternelle mise à l’essai

L’enseignement primaire, moyen et secondaire continue à coltiner les lourdeurs de l’ancien système, et ce malgré quelques réaménagements qui s’apparentent plutôt à des replâtrages de façade. Le Pavlovisme que décriait, au début des années 90 dans un livre célèbre Mme Malika Griffou, pèse toujours d’un poids étouffant sur les rythmes et les rendements scolaires. Pis, certaines méthodes d’apprentissage s’avèrent carrément aberrantes à l’image de ces fameux ‘’projets’’ consistant à forcer les élèves à copier des sujets abscons à partir d’Internet, sujets qui ne sont même pas discutés ou vulgarisés en classe. Seul le gérant du cybercafé trouve son compte dans cette affaire. Dans un tel capharnaüm pédagogique et didactique, quel sera le rôle de l’Observatoire national de l’Éducation et de la Formation dont l’avant-projet de loi a été adopté par le Conseil du gouvernement du 18 juillet 2006 ? Quel rôle jouera-t-il dans la marche de l’école algérienne vers la réalisation des aspirations de la société en matière de la formation qualifiante- pour faire face aux défis de l’économie moderne et de la mondialisation- et de défense des valeurs de la citoyenneté et de la République ? N’est-ce pas monsieur Benbouzid qui, en remarquant l’absence de l’élément féminin dans une séance de sport, a sévèrement rappelé à l’ordre, le 23 mai 2006, le personnel et les élèves d’un technicum à Blida en ces termes : « L’Algérie n’est ni l’Iran ni l’Afghanistan. Nous sommes dans une république (…) Il est hors de question pour nous de revenir sur les erreurs du passé. Ce qui s’est produit en 1992 n’est plus tolérable de se reproduire ? » Devrions-nous accueillir ces professions de foi du ministre avec la foi du charbonnier ? En tout cas, ce sont les actes de la gestion future de nos écoles qui pourront conforter ou confondre le représentant du gouvernement, premier responsable de l’éducation dans notre pays. Cependant, sur certains dossiers, comme celui de l’école privée, il est difficile de suivre la démarche du ministère sans se poser la question essentielle : en cherchant à ‘’domestiquer’’ ce genre d’établissement, quel est réellement l’objectif visé ? Si des Algériens se sont résolus à envoyer leur progéniture dans ces établissements- en faisant de grands sacrifices sur le budget familial-, ce n’est certainement pas pour recevoir la même formation que celle dispensée par l’école publique.

Si cette dernière est à ce point “honnie” – et pourtant gratuitement assurée -, c’est qu’elle ne répond plus aux besoins d’émancipation et de réalisation sociale de la famille algérienne. On a maladroitement poussé la brutalité jusqu’à fermer certaines écoles privées au milieu de l’année scolaire. Le ministère ne s’est rétracté qu’après l’intervention du président Bouteflika. En tout cas, partout dans le monde, l’école ne constitue pas seulement un moyen de réalisation et d’ascension sociales, mais aussi un tremplin pour la formation aux valeurs de la citoyenneté et de la démocratie. Aucun logorrhée de chiffres ni de promesses mirifiques ne sauraient remplacer l’engagement des pouvoirs publics sur le terrain.

Amar Naït Messaoud (La Dépêche de Kabylie)

Akbou : Le plan de circulation en souffrance

La dotation de la ville d’Akbou, deuxième plus grande agglomération de la wilaya de Béjaïa d’un plan de circulation automobile tarde à voir le jour, bien que l’APC ait engagé depuis déjà 2006 le bureau d’études privé ONCTTP (Organisme national de contrôle technique des travaux publics), situé à Alger, pour l’établissement dudit plan.

La mise en œuvre de ce plan est une urgence car le parc automobile grandit à vue d’œil et les ruelles se multiplient incessamment à la faveur d’une urbanisation galopante anarchique. Ce bureau a soumis une première proposition à l’APC en date du 5 mars de cette année, lors d’une réunion tenue dans la salle des délibérations de la commune et à laquelle ont pris part les différents services de l’APC, la DTW (Direction technique de la wilaya), la Sûreté de daïra, la Protection civile, la Gendarmerie nationale, le syndicat des auto-écoles et le syndicat des chauffeurs de taxis. Le plan présenté n’a pas eu l’aval des présents qui ont émis des réserves d’ordre technique. Ce plan est, selon un technicien du service de l’équipement de l’APC : “Un outil moderne d’amélioration du quotidien des citoyens sur tous les plans en assurant aux piétons des passages sécurisés et aux automobilistes une meilleure fluidité de la circulation. Il comprend la mise en place d’une signalisation routière, de panneaux de réglementation de la circulation et l’aménagement d’aires de stationnement mais aussi et surtout la réalisation de pénétrantes et de sortantes nouvelles. De telles réalisations auront pour effet immédiat une réduction indéniable des émissions du dioxyde de carbone et des bruits sonores, le gain du temps et une meilleure sécurité aussi bien pour les citoyens que pour les conducteurs.” En attendant de voir ce projet se concrétiser, comme tant d’autres, les citoyens subissent les affres d’une situation caractérisée par une anarchie totale car en l’absence de panneaux de signalisation, arrachés et détruits pour la plupart d’entre eux depuis bientôt 7 ans lors des évènements du Printemps noir, s’ajoute le non-respect des règles de conduite par les automobilistes. Alors que sous d’autres cieux de grands boulevards sont de plus en plus interdits à la circulation automobile et sont réservés aux piétons et à la création d’espaces verts en milieu urbain, des chauffeurs sans scrupule se permettent de garer leurs voitures sur les trottoirs et obligent les citoyens à emprunter la chaussée et s’exposer de la sorte à de multiples dangers. Par ailleurs, le manque de panneaux d’indication même des établissements publics tels l’hôpital, la Protection civile, les commissariats de police ou la gendarmerie doit pouvoir rejoindre facilement en cas de nécessité, contraint les nombreux visiteurs qui se rendent dans cette ville et solliciter les passants pour les leur indiquer. Un citoyen, que nous avons approché à ce sujet, nous a confié “certes ce plan ne manquera pas d’améliorer le quotidien des citoyens, une fois qu’il sera mis en œuvre mais cela ne peut en aucun cas constituer un empêchement, un prétexte pour ne pas effectuer des gestes faciles et non coûteux tels que la réhabilitation de l’ancienne signalisation et la création de nouveaux panneaux à même d’assurer, un tant soit peu, la sécurité aux citoyens et une meilleure fluidité de la circulation. En tous cas cette solution est de loin moins onéreuse que la pose quasi journalière de dos-d’âne par les services de l’APC aux quatre coins de la commune”.

B. Sadi (La Dépêche de Kabylie)

Seddouk : Les notables veulent un château d’eau

Les habitants du village Seddouk Ouadda sont habitués, depuis la nuit des temps, à mettre la main à la poche pour financer tout ce qui pourrait contribuer à améliorer les conditions de vie des citoyens et ce quand les pouvoirs publics font la sourde oreille aux projets demandés.

Ces citoyens se sont organisés dernièrement pour la distribution équitable de l’eau par quartier. Lors de l’assemblée générale des villageois, les notables ont décidé de recruter un agent qui s’occupera de la distribution de l’eau, laissant le soin à l’agent communal de l’ouverture ou la fermeture de la vanne principale du château d’eau. L’agent recruté perçoit un salaire mensuel de 10 000 DA durant les trois mois d’été. Pour cela une contribution de 100 DA par compteur est exigée de chaque habitant. Si l’on s’en tient à cela, les habitants avec les efforts de la communauté émigrée, ont réalisé des projets grandioses. Le plus récent est la mise en valeur de la source millénaire et nourricière d’Ighzer Netesrougoa dont personne ne peut parler de l’origine. Plus de cinq millions de dinars ont été dépensés en réalisant un grand puits avec une loge pour les équipements électriques et une conduite en tuyaux galvanisés sur plus d’un kilomètre. L’ironie du sort, c’est que pour parachever ce projet, qui a exténué physiquement et financièrement les villageois, ils ont sollicité les autorités locales pour un projet consistant en la construction d’un château d’eau pour séparer cette eau, jugée un peu fade, de celle d’El-Manfouk utilisée uniquement pour la consommation, un projet qui leur a été accordé en 2006 puis retiré sans que personne parmi les notables ne soit avisé de cette annulation. Et pourtant ce projet est plus qu’indispensable quand on connaît les tracasseries dues au manque d’eau qui reviennent chaque été dans ce village. Les notables n’ont pas baissé les bras en faisant de ce projet, qui leur tient à cœur, leur principale préoccupation. Et pour cela, dès l’installation de l’APC actuelle, ils ont remis au goût du jour cette revendication en demandant dans l’immédiat et en attendant la construction d’un nouveau réservoir, l’affectation provisoire d’un château d’eau appartenant à un village voisin lequel ne l’a jamais utilisé. Seulement ce château d’eau est dans un état piteux, dégradé par les aléas du temps et nécessitant donc des rénovations. L’espoir renaît et une lueur d’espoir semble se profiler à l’horizon vu que le président de l’APC de Seddouk semble prendre sérieusement l’affaire en mains. “Il y a un château affecté au village d’Ighil n’Djiber qui n’a jamais été mis en service et dont l’état se dégrade au fil des ans. Les notables de Seddouk Ouadda m’ont sollicité pour sa éventuelle réaffectation au profit de leur village. Pour cela, j’ai instruit les services concernées pour son établissement d’une fiche technique concernant les réparations nécessaires. Projet que j’inscrirai dans les PCD 2009”, dira le président d’APC à ce sujet. En attendant et à défaut de château d’eau, les notables utilisent un fût de 200 litres en métal avec tous les risques que cela comporte. L’inconvénient : le manque de pression et le débit infime dans les conduites principales font que l’eau n’arrive que rarement aux quartiers situés en amont.

L. B. (La Dépêeche de Kabylie)

Akbou : Un espace vert saboté

Bouteilles de vin et de bière, débris de verre, bancs ravagés, un tronc déraciné, de la santoline foulée aux pieds, du faux poivré et de l’iris fauchés à la main, des fleurs de tournesol éparpillées partout, le contenu de plusieurs poubelles renversées répandu sur une dizaine de mètres, tel est le spectacle qu’une main incivique, probablement un ivrogne, a offert en guise d’un café servi froid et sans sucre, aux habitants de la ville d’Akbou en ce matin du mardi 15 juillet 2008. En effet, le seul espace vert, entretenu à Akbou, vient de faire les frais d’un acte insensé, préjudiciable à la ville comme aux habitants, perpétré par une personne désobligeante. Pour rappel, cet espace a été déjà dévasté une première fois il y a de cela environ deux mois. Ammar Madaoui, le fleuriste de la place Berri-Ahcène, qui a aménagé cet espace et l’entretient au quotidien bénévolement, a réagi dans ces termes : “Malheureusement, c’est l’effort de trois mois d’un travail laborieux et de soins prodigués avec passion qui viennent d’être détruits. Je ne me laisserai jamais faire, dès que la police et l’APC auront constaté les faits, je remettrai tout en place”. Les citoyens indignés par cet acte ont tous manifesté leur sympathie à ce fleuriste. L’un d’entre eux nous a confié : “Cet espace est un modèle de ce que devrait être les places de nos villes et villages. C’était un endroit sale et malpropre, le fleuriste en a fait un bijou. Nos vieux s’y plaisent, ils y trouvent calme, paix et propreté. La main malveillante qui a réalisé ce désastre doit être trouvée et punie sévèrement. Nous espérons voir l’Etat prendre des mesures à l’encontre de ces gens qui nous gâchent la vie”.

B. Sadi (La dépêche de Kabylie)

Hnifa : La vie d’errance

Née le 4 avril 1924, Ighil Larbaa Zoubida de son vrai nom est originaire du village d’Ighil-Mehni, petite localité maritime dans la commune d’Azeffoun. Sa famille, comme tant d’autres, a fui l’hostilité de la campagne kabyle pour chercher à Alger, des conditions de vie plus clémentes.

La seconde guerre mondiale et le débarquement allié dans la capitale précipitent le retour au village d’origine où la jeune fille mène l’existence sans relief d’une montagnarde berbère. Elle se passionne pour la poésie et, comme toute femme kabyle, agrémente chacun de ses instants par des chants. C’est aussi tout naturellement qu’elle exprime publiquement son talent lors des fêtes de femmes organisées au village où sa présence est particulièrement appréciée.

Comme il est alors d’usage, elle est mariée au sortir de l’enfance. Ce mariage convenu n’est qu’une parenthèse qui se referme bien vite par la séparation du couple. De retour auprès des siens, elle est le témoin de l’émiettement progressif de son cocon familiale ; la mort accidentelle de l’un de ses frères, puis la répudiation de sa mère, quelques temps après, finissent par faire éclater les derniers vestiges de son univers. C’est ainsi que débute « le prélude à la vie d’errance » de la jeune femme.

A la fin des années quarante, elle s’installe à Alger, chez son frère aîné, dont elle épouse l’un des proches amis. Second mariage et seconde désillusion. De cette union naît son unique fille, celle qui apaise sa solitude et partage tout le poids de sa misère. A nouveau « libre » mais livrée à elle-même, elle est contrainte à de petits emplois qui lui permettent de glaner quelques subsides.

Sa rencontre, en 1951, avec Lla Yamina change le cours de son destin et constitue le premier jalon de sa carrière artistique. Celle-ci la présente à madame Lafarge qui anime alors une chorale féminine dans laquelle se côtoient des artistes précurseurs dont Chérifa, l’autre grande dame de la chanson kabyle. Hnifa fréquente assidûment la chorale entre 1951 et 1957. Elle s’y affirme et ne tarde pas à faire son apparition à la Radio sous la direction de l’orchestre de Cheikh Norredine, s’y produisant une fois par semaine, accompagnée de la chorale ou en solo. C’est ainsi que Zoubida la fière villageoise élevée dans le nnif disparaît à tout jamais et laisse place à Hnifa, l’artiste marginale qui chante son vécu et ses souffrances. Le succès est immédiat.

En 1957, comme des milliers de ses compatriotes, la jeune femme fait « le choix » de l’exil, dans l’espoir d’un horizon moins sombre et sans doute aussi afin de s’émanciper de la tutelle d’une société oppressante à bien des égards. Elle franchit la méditerranée et pose sa valise à Paris. Hnifa y mène la vie d’une bohème, se produit dans les cafés devant un public exclusivement masculin, bravant ainsi le code strict de la morale kabyle. Elle vit son art comme un exutoire à ses souffrances, chante avec force la triste condition de l’exilé, le désarroi des femmes délaissées et les tourments de ses sœurs kabyles.

A Paris, son chemin croise, à nouveau, celui de Kamal Hamadi rencontré quelques années plus tôt à Alger. Il devient son ami et l’auteur de textes qui la sublimeront. Ensemble, ils enregistrent, en 1959, un duo mémorable, yid-em yid-em, puis il compose pour elle, douze autres titres taillés à la mesure de sa vie et de ses sentiments. Des oeuvres, aujourd’hui, devenues patrimoine de la chanson kabyle.

De retour à Alger, quelques temps après la proclamation de l’indépendance, dans un pays en quête d’identité, Hnifa essaye, tant bien que mal, d’exister. Elle se résout finalement, en 1973, à reprendre le chemin de l’exil. Sans le savoir, elle quitte son pays pour ne plus jamais y retourner de son vivant. Durant les dernières années de sa vie, ses apparitions sur scène sont rares. Minée par la solitude et rongée par la maladie, Hnifa « la Rebelle », Hnifa « la poète maudite », celle qui a erré entre Azeffoun, Alger et Paris rejoint son domicile éternel parmi les étoiles. Le 23 septembre 1981, elle s’éteint dans l’anonymat. Son corps est rapatrié dans son pays natal et inhumé au cimetière d’Al Alia, à Alger. Elle laisse un répertoire riche d’une centaine de chansons dont beaucoup retentissent encore « sur la lèvre des hommes ».

L’exil et le péplum


Un goût d’incomplétude, une impression d’images en noir et blanc. Il ne s’en cache pas. « La matière du pays me manque énormément. Mais je suis un artiste, avec mon imagination, je peux travailler sur la mémoire, le souvenir. On ne travaille pas que sur l’actualité », se persuade-t-il.
C’est parfaitement cela l’exil selon l’Irakien Chawki Abdelamir, entre autre traducteur d’Adonis : « 
le réel exil commence lorsque le présent est confisqué. Quand on est condamné à rêver le temps d’avant et attendre l’avenir ».
Ecouter – voi
r, c’est mieux, assure-t-on- le dernier Fellag frustre comme une intrigue dont le dénouement vous prend soudainement au dépourvu. Ce « Chameau » subitement atteint de mutité à l’indépendance perd, à la longue, le sens des réalités. Tout un train de chambardements sociologiques et mentaux, passe sans qu’il remarque le moindre wagon. Fellag n’arrive plus à sentir le pouls de ce pays qu’il a quitté en 1992 (avec 1962, cela fait renversant !) pour ne s’autoriser que de courtes incursions, des « voyages d’étude » décidément loin de pouvoir remplacer un vécu in situ.
Ecouter Fellag, témoin vivant d’une époque morte, et édifiez-vous, comme les Sept dormants de la parabole coranique, de ce que l’œuvre du temps peut avoir de profondément transformateur !
La télé satellite et l’Internet sont passés par-là, qui ont complètement remodelé notre rapport à la vie et au temps. La décade, qui était l’unité de mesure de l’âge des nations, paraît désormais être une éternité.
Ces amoureux enchaînés qui pistent leurs Dulcinées jusqu’au seuil du lycée pour faire le « Hit » en attendant la sonnerie, ces « caleurs » professionnels, qui se convoient dans les bus bondés de la RSTA pour coller aux arrières- trains bouffis, tout cela n’a plus cours ou si peu. En tout cas, ce ne sont plus les instantanés, non plus que le Dilem qui demande un gant pour se protéger du SIDA, qui caractérisent le mieux la conjoncture sexuelle nationale.
Dans ce domaine, il s’est passé comme une révolution silencieuse qui contourne les interdits et se moque des édits. 3000 mères célibataires, sont officiellement recensées chaque année. Un chiffre simplement collatéral et qui dit bien ainsi ce qu’il dit.
Et nos homos continuent de pédaler sans publicité ni tapage, ne revendiquant ni PACS ni mariage gigogne. Et d’être ainsi donne l’impression, mais l’impression seulement, qu’ils n’existent même pas.
On languissait de la manière dont le truculent comique, qui a fait de la transgression de nos tabous sexuels sa marque de fabrique, allait s’y prendre pour saisir l’air nouveau de ces « papiches » lookées à mort qui vous fixent sans ciller, de ces sauvageons qui font déjà leurs premières « cochonneries » au collège.
Non, c’est le rétroviseur. Tout s’arrête à Omar Gatlatou qui est à notre sociologie ce que sont les péplums aux Athéniens d’aujourd’hui.
Comme Fellag, ce sont des milliers d’Algériens, et les mieux pourvus intellectuellement, qui ont été amenés à s’expatrier en raison, mais pas seulement, de la montée en puissance du terrorisme
C’est d’autant plus dramatique que piégé par une école débilitante, le pays n’est pas assuré de renouveler de si précieuse ressources si bien et tant, que notre vie et notre imaginaire demeurent très peu ou mal pensés.
Il nous manque toujours cette plus-value intellectuelle qui transforme des actes de simple vie quotidienne en élans de pensée structurants. Précisément parce que ceux qui se sont donnés pour profession de les porter ne sont plus là, manquent de courage ou font dans la prévarication : plus que les fonctionnaires ou les politiques, ce sont les intellectuels qui faillent le plus désastreusement aux devoirs de leur charge. Réjouissons-nous seulement de ce que la nature ne tolère pas très longtemps le vide.
Par Mohamed Bessa

Corruption puissance 2956

Sur le rejet du projet de loi anti-corruption , on ne sait s’il faille vraiment s’en scandaliser ou s’en résigner comme à une mauvaise nouvelle longtemps attendue . Et s’il convenait tout au contraire de simplement s’en réjouir ? Les députés ont jugé bon de se soustraire à toute forme de contrôle patrimonial, et de se voter du même coup une immunité anti- corruption, au prétexte que cela risquait d’ouvrir la porte à des pressions de l’Administration sur les élus du peuple. En tout cas, c’est l’argument vaguement avancé par ceux d’entre eux qui ont consenti à s’exprimer après le tollé médiatique qui a suivi ce vote. L’explication peut se concevoir quoiqu’on n’ait pas vraiment souvenir d’une APN jalouse de son indépendance. Excepté pour le vote de leurs indemnités où les députés avaient guerroyé pied à pied avec le gouvernement, ce sont les épisodes de vote mécanique des ordonnances qui peuplent l’imaginaire de ceux de nos confrères qui s’infligent encore le devoir de suivre l’écoulement des jours heureux dans ce qui est désormais une “Cour des Miracles” où les aigrefins de tous acabits seront bien inspirés de se réfugier. La dernière en date est celle qui avait justement introduit une préséance de l’Administration sur les élus et qui avait ouvert la voie à la dissolution des assemblées de Kabylie. Le gouvernement lui-même s’était tellement incommodé du caractère a-républicain de cette loi qu’il ne s’est résolu à la présenter qu’en dernière extrémité. Après avoir échoué à créer, par l’appel à la démission spontanée des élus locaux, une situation conforme aux lois en cours. Dans un frémissement de culpabilité, il s’était même trouvé un député pour affirmer avoir arraché à Ouyahia la « promesse  » (c’est à dire du vent) que jamais plus ce qu’il venait d’approuver ne sévira au-delà du contexte immédiat de la Kabylie. Sinon, les députés ont, depuis toujours, pris le pli de ne pas demander des comptes au gouvernement : constitutionnelle, la loi de règlement ( un bilan quadriennal de l’utilisation des budgets votés) n’a jamais été présentée au Parlement à ce jour. Mais le rejet de l’article 7, et l’abondante relation faite par la presse, gêne autrement plus les députés. Le chef du groupe MSP est allé, en parfait jésuite, jusqu’à émettre l’hypothèse que les reporters dépêchés en couverture auraient confondu les siens avec ceux du FLN. Ne pas distinguer le MSP du FLN et vice- versa ne manquerait en effet pas de justification et notamment en la circonstance. En fait, dans cette histoire on peut prendre quiconque pour un autre sans préjudice à personne. D’aucuns, qui ont officiellement voté pour le projet du gouvernement pourraient avoir simplement considéré que la besogne étant efficacement faite, il convenait de ne pas en rajouter. Car en panne de projet cohérent, et revenu de tous ses mythes fondateurs, le système politique actuel, n’a plus que la corruption pour cimenter son être et entretenir sa survie. On l’a clairement vu lors des élections partielles, où les partis de la coalition avaient fait miroiter la possibilité d’une insertion dans les circuits de la rente institutionnelle pour s’attacher de nouvelles adhésions et obtenir des suffrages. Et c’est sans surprise que le porte-parole du RND clame, à contresens de l’opinion qui a salué son vote à la Chambre basse, que son parti n’envisage pas de bloquer ce qui reste de cette loi au Sénat où il est majoritaire. »Nous ne sommes pas de nature à bloquer l’Etat algérien », baragouine-t-il dans une tentative de transformer une honteuse abdication des intérêts du pays en un haut fait patriotique. Et c’est pour tout cela qu’il y a peut-être lieu de se réjouir de ce qui s’est passé. Les Algériens ont assisté à un moment de transparence – ce mot est souvent l’antonyme de corruption- et d’affirmation des plus bienvenus dans le contexte brumeux du débat politique national. Pour la construction de la conscience nationale, toutes les vérités sont bonnes à prendre. Y compris celles, sans rémission, de Madani Mezrag et, avant lui, celles du général O. Que les députés s’affublent d’hypocrisie et se défaussent dans tous les sens, indique qu’ils reconnaissent quand même l’existence d’une opinion publique nationale, condition sine qua non d’une vie démocratique, et redoutent sa réprobation. Ils avaient l’occasion de réparer, ils l’ont lamentablement gâché. Se mettre derrière ces quarterons de députés PT ? Qu’ils savourent plutôt le bonheur de leur existence tolérée, ces Trotskistes, ces mécréants ! Jamais nous ne fléchirons devant plus faible que nous. Pour une fois pourtant, la consécration d’un fait berbère, autant célébré à Tizi qu’à Tlemcen, pouvait se concevoir sans le moindre relent particulariste. Non, cette année non plus, Yennayer ne sera pas une fête légale. Sur ce point, l’Algérie est au même niveau que les velléités françaises de « férieriser » l’Aïd-El-Kébir. Au jeudi dernier, il y avait 2969 ans depuis que le berbère Sheshonq envahissait l’Egypte pour inaugurer le règne d’une longue dynastie pharaonique. Sheshonq ? Les manuels scolaires n’en soufflent mot. Comme le ver dans la pomme, la corruption était déjà dans l’Histoire.

(Par Mohamed Bessa)