Allaghan : Pollution outrancière

Une décharge publique, à l’origine “contrôlée”, a rapidement pris les allures d’un dépotoir sauvage géant. Si bien qu’elle a largement débordé du périmètre sur une vaste étendue du lit majeur de l’Oued Sahel. La décharge est située à quelques encablures de la localité d’Aftis et à un jet de pierre du village Allaghan. Pour ne rien arranger, une sablière jouxtant la décharge rajoute une sacrée dose de poussière à un environnement déjà passablement souillé. Des citoyens poussent l’indélicatesse jusqu’à déposer leurs détritus sur les accotements mêmes de la route, qui s’en trouve jonchée d’immondices sur des dizaines de mètres, Le tri sélectif des déchets étant, sous nos latitudes, une notion abstraite, il n’est pas malaisé d’imaginer le spectacle lugubre qu’offre à la vue ces monticules d’ordures aux couleurs chamarrées, s’étendant à perte de vue. Mais, pire que tout cela, c’est l’action perverse de la combustion génératrice de fumée et de gaz toxiques, car, au final, ce procédé d’élimination des déchets par incinération génère plus de problèmes qu’il n’en résout.

Les volutes de fumées ballottées par les vents enveloppent l’atmosphère environnante et viennent incommoder les habitations d’Aftis et d’Allaghan toutes proches. Les riverains prennent de plein fouet cette fumée polluante pour la vue, mais surtout chargée de gaz volatiles et toxiques. Des gaz issus de la combustion des hydrocarbures composant les matières plastiques, omniprésentes sur le site de la décharge.

N. Maouche (La Dépêche de Kabylie)

J’ai la rage

Dans la plupart des pays cette maladie a été éradiquée mais chez nous elle revient au galop, en effet deux enfants sont décidés en 2007 dans la région d’Akbou par des morsures d’animaux atteints de la rage.

Le premier, un enfant de 4 ans et demi habite le village de Chellata sur les hauteurs d’Akbou « … a probablement été mordu par un rongeur… » estime le Dr Azzi du SEMEP (service d’épidémiologie et de médecin préventive), le second enfant lui est originaire de Beni-Maouche a été mordu par un chien.

Les deux enfants n’ont pas survécu aux morsures fautes de soins adaptés en temps réel et il semble que ces cas ne sont pas isolés en kabylie particulièrement abandonnée par les pouvoirs publics, il faut savoir que les services de l’hôpital d’Akbou sont submergé par une population toujours grandissante, et ce même établissement à ma connaissance est toujours le même depuis l’indépendance du pays et ce pour une ville qui compte près de 80 000 habitants sans compter toutes les communes voisines qui viennent également dans ce même hôpital, il faut se rendre au service des urgences pour constater que c’est un va et vient permanent, les salles d’attentes sont pleines à craquer, cela déborde même dans les couloirs et et sur les trottoirs.

Oh il y a bien quelques cliniques privées, j’ai vu de mes yeux ma mère se faire opérer en 2005 par un médecin qui travail à l’hôpital mais qui « n’a pas le matériel, ni le temps pour les interventions » MAIS dans son cabinet privé il trouve toujours le temps de faire de la médecine de guerre (contre des dinars bien sûr), j’ai perdu connaissance en voyant le dos de ma mère lacéré par un couteau de … boucher

Où est le serments d’Hippocrate ? Où sont les PétroDollars ? J’ai la rage je vous le dis et je ne suis pas le seul dans ce cas.

Akbou : Le plan de circulation en souffrance

La dotation de la ville d’Akbou, deuxième plus grande agglomération de la wilaya de Béjaïa d’un plan de circulation automobile tarde à voir le jour, bien que l’APC ait engagé depuis déjà 2006 le bureau d’études privé ONCTTP (Organisme national de contrôle technique des travaux publics), situé à Alger, pour l’établissement dudit plan.

La mise en œuvre de ce plan est une urgence car le parc automobile grandit à vue d’œil et les ruelles se multiplient incessamment à la faveur d’une urbanisation galopante anarchique. Ce bureau a soumis une première proposition à l’APC en date du 5 mars de cette année, lors d’une réunion tenue dans la salle des délibérations de la commune et à laquelle ont pris part les différents services de l’APC, la DTW (Direction technique de la wilaya), la Sûreté de daïra, la Protection civile, la Gendarmerie nationale, le syndicat des auto-écoles et le syndicat des chauffeurs de taxis. Le plan présenté n’a pas eu l’aval des présents qui ont émis des réserves d’ordre technique. Ce plan est, selon un technicien du service de l’équipement de l’APC : “Un outil moderne d’amélioration du quotidien des citoyens sur tous les plans en assurant aux piétons des passages sécurisés et aux automobilistes une meilleure fluidité de la circulation. Il comprend la mise en place d’une signalisation routière, de panneaux de réglementation de la circulation et l’aménagement d’aires de stationnement mais aussi et surtout la réalisation de pénétrantes et de sortantes nouvelles. De telles réalisations auront pour effet immédiat une réduction indéniable des émissions du dioxyde de carbone et des bruits sonores, le gain du temps et une meilleure sécurité aussi bien pour les citoyens que pour les conducteurs.” En attendant de voir ce projet se concrétiser, comme tant d’autres, les citoyens subissent les affres d’une situation caractérisée par une anarchie totale car en l’absence de panneaux de signalisation, arrachés et détruits pour la plupart d’entre eux depuis bientôt 7 ans lors des évènements du Printemps noir, s’ajoute le non-respect des règles de conduite par les automobilistes. Alors que sous d’autres cieux de grands boulevards sont de plus en plus interdits à la circulation automobile et sont réservés aux piétons et à la création d’espaces verts en milieu urbain, des chauffeurs sans scrupule se permettent de garer leurs voitures sur les trottoirs et obligent les citoyens à emprunter la chaussée et s’exposer de la sorte à de multiples dangers. Par ailleurs, le manque de panneaux d’indication même des établissements publics tels l’hôpital, la Protection civile, les commissariats de police ou la gendarmerie doit pouvoir rejoindre facilement en cas de nécessité, contraint les nombreux visiteurs qui se rendent dans cette ville et solliciter les passants pour les leur indiquer. Un citoyen, que nous avons approché à ce sujet, nous a confié “certes ce plan ne manquera pas d’améliorer le quotidien des citoyens, une fois qu’il sera mis en œuvre mais cela ne peut en aucun cas constituer un empêchement, un prétexte pour ne pas effectuer des gestes faciles et non coûteux tels que la réhabilitation de l’ancienne signalisation et la création de nouveaux panneaux à même d’assurer, un tant soit peu, la sécurité aux citoyens et une meilleure fluidité de la circulation. En tous cas cette solution est de loin moins onéreuse que la pose quasi journalière de dos-d’âne par les services de l’APC aux quatre coins de la commune”.

B. Sadi (La Dépêche de Kabylie)

Seddouk : Les notables veulent un château d’eau

Les habitants du village Seddouk Ouadda sont habitués, depuis la nuit des temps, à mettre la main à la poche pour financer tout ce qui pourrait contribuer à améliorer les conditions de vie des citoyens et ce quand les pouvoirs publics font la sourde oreille aux projets demandés.

Ces citoyens se sont organisés dernièrement pour la distribution équitable de l’eau par quartier. Lors de l’assemblée générale des villageois, les notables ont décidé de recruter un agent qui s’occupera de la distribution de l’eau, laissant le soin à l’agent communal de l’ouverture ou la fermeture de la vanne principale du château d’eau. L’agent recruté perçoit un salaire mensuel de 10 000 DA durant les trois mois d’été. Pour cela une contribution de 100 DA par compteur est exigée de chaque habitant. Si l’on s’en tient à cela, les habitants avec les efforts de la communauté émigrée, ont réalisé des projets grandioses. Le plus récent est la mise en valeur de la source millénaire et nourricière d’Ighzer Netesrougoa dont personne ne peut parler de l’origine. Plus de cinq millions de dinars ont été dépensés en réalisant un grand puits avec une loge pour les équipements électriques et une conduite en tuyaux galvanisés sur plus d’un kilomètre. L’ironie du sort, c’est que pour parachever ce projet, qui a exténué physiquement et financièrement les villageois, ils ont sollicité les autorités locales pour un projet consistant en la construction d’un château d’eau pour séparer cette eau, jugée un peu fade, de celle d’El-Manfouk utilisée uniquement pour la consommation, un projet qui leur a été accordé en 2006 puis retiré sans que personne parmi les notables ne soit avisé de cette annulation. Et pourtant ce projet est plus qu’indispensable quand on connaît les tracasseries dues au manque d’eau qui reviennent chaque été dans ce village. Les notables n’ont pas baissé les bras en faisant de ce projet, qui leur tient à cœur, leur principale préoccupation. Et pour cela, dès l’installation de l’APC actuelle, ils ont remis au goût du jour cette revendication en demandant dans l’immédiat et en attendant la construction d’un nouveau réservoir, l’affectation provisoire d’un château d’eau appartenant à un village voisin lequel ne l’a jamais utilisé. Seulement ce château d’eau est dans un état piteux, dégradé par les aléas du temps et nécessitant donc des rénovations. L’espoir renaît et une lueur d’espoir semble se profiler à l’horizon vu que le président de l’APC de Seddouk semble prendre sérieusement l’affaire en mains. “Il y a un château affecté au village d’Ighil n’Djiber qui n’a jamais été mis en service et dont l’état se dégrade au fil des ans. Les notables de Seddouk Ouadda m’ont sollicité pour sa éventuelle réaffectation au profit de leur village. Pour cela, j’ai instruit les services concernées pour son établissement d’une fiche technique concernant les réparations nécessaires. Projet que j’inscrirai dans les PCD 2009”, dira le président d’APC à ce sujet. En attendant et à défaut de château d’eau, les notables utilisent un fût de 200 litres en métal avec tous les risques que cela comporte. L’inconvénient : le manque de pression et le débit infime dans les conduites principales font que l’eau n’arrive que rarement aux quartiers situés en amont.

L. B. (La Dépêeche de Kabylie)

Akbou : Un espace vert saboté

Bouteilles de vin et de bière, débris de verre, bancs ravagés, un tronc déraciné, de la santoline foulée aux pieds, du faux poivré et de l’iris fauchés à la main, des fleurs de tournesol éparpillées partout, le contenu de plusieurs poubelles renversées répandu sur une dizaine de mètres, tel est le spectacle qu’une main incivique, probablement un ivrogne, a offert en guise d’un café servi froid et sans sucre, aux habitants de la ville d’Akbou en ce matin du mardi 15 juillet 2008. En effet, le seul espace vert, entretenu à Akbou, vient de faire les frais d’un acte insensé, préjudiciable à la ville comme aux habitants, perpétré par une personne désobligeante. Pour rappel, cet espace a été déjà dévasté une première fois il y a de cela environ deux mois. Ammar Madaoui, le fleuriste de la place Berri-Ahcène, qui a aménagé cet espace et l’entretient au quotidien bénévolement, a réagi dans ces termes : “Malheureusement, c’est l’effort de trois mois d’un travail laborieux et de soins prodigués avec passion qui viennent d’être détruits. Je ne me laisserai jamais faire, dès que la police et l’APC auront constaté les faits, je remettrai tout en place”. Les citoyens indignés par cet acte ont tous manifesté leur sympathie à ce fleuriste. L’un d’entre eux nous a confié : “Cet espace est un modèle de ce que devrait être les places de nos villes et villages. C’était un endroit sale et malpropre, le fleuriste en a fait un bijou. Nos vieux s’y plaisent, ils y trouvent calme, paix et propreté. La main malveillante qui a réalisé ce désastre doit être trouvée et punie sévèrement. Nous espérons voir l’Etat prendre des mesures à l’encontre de ces gens qui nous gâchent la vie”.

B. Sadi (La dépêche de Kabylie)